GRENOBLE — Plus d’une centaine d’opposants aux nanotechnologies ont empêché mardi soir un débat public à Grenoble, pour la première fois depuis le lancement de la consultation sur les nanotechnologies en France à la mi-octobre, a constaté une journaliste de l’AFP.
Dès la prise de parole de Jean Bergougnoux, président de la commission chargée d’organiser la consultation, plus de cent militants, sur les 600 personnes venues assister au débat, se sont mis à taper du pied.
Ils ont ensuite scandé des slogans comme "No, no, nano, le débat, on s’en fout, on veut plus de nanos du tout" et ont appelé à la fermeture de Minatec, principal centre européen de recherche en nanotechnologies, situé à Grenoble.
"Vous avez un comportement totalitaire qui consiste à empêcher les gens de parler", a regretté à la tribune M. Bergougnoux, avant d’annoncer la suspension de ce qui devait être le huitième débat organisé en France.
"Nous nous engageons à ce que le débat se déroule sous une autre forme", a-t-il ajouté. Les opposants ont ensuite quitté la salle dans le calme.
Depuis le lancement du débat public, ces opposants, dont de nombreux Grenoblois, avaient déjà perturbé les débats à Toulouse et Clermont-Ferrand.
Ils ont décliné des invitations à participer aux débats publics, en estimant que "participer, c’est accepter".
Regroupés au sein d’un collectif, "Pièces et Main d’oeuvre", qui ne revendique aucune filiation politique même si les autorités les décrivent comme proche de la mouvance anarchiste ou de l’opposition aux OGM et au nucléaire, ils ont créé un site internet en 2002.
Avant le débat, une de ces militantes a expliqué à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que les "nanotechnologies" engendraient selon elle "un monde machine, où l’humain n’a plus sa place".
De plus en plus utilisés dans l’industrie ou la médecine, nanoparticules et nanomatériaux suscitent des craintes, l’Institut national de l’environnement et des risques (Ineris) estimant notamment dans un récent rapport que "les connaissances relatives aux dangers de ces nouveaux matériaux sont actuellement restreintes", car à l’échelle nanométrique (1 nanomètre = 1 milliardième de mètre), la matière acquiert des propriétés nouvelles.
Le débat grenoblois fait partie des 17 consultations publiques organisées en France par la Commission nationale du débat public jusqu’en février 2010.
Voir aussi :
Grenoble : une fête anti nano, en lieu et place du faux débat public
CNDP Nanos : Les opposants annulent le pseudo-débat aux cris de "remboursez Minatec"
Vous aussi, organisez votre débat pipeau ! (Texte du tract distribué à grenoble le 1er décembre)